Modifier

La DGH est arrivée dans les établissement, fin décembre ou début janvier selon les académies et départements. Mais qu'est-ce donc que cela ? Petite explication simple (sans rentrer dans les détails techniques car ça peut rapidement se compliquer).

DGH ou DHG ?

La Dotation Globale Horaire ou Dotation Horaire Globale (les deux appellations existent) correspond au nombres d'heures de cours "professeurs" attribuées à un collège ou lycée pour son fonctionnement pédagogique de l'année scolaire : c'est donc le nerf de la guerre car c'est sur ce volume d'heures que s'établissent les services des enseignants, mais ça peut aussi être la guerre des nerfs car des choix doivent être opérés, parfois par défaut par manque de moyens.

Comment ça marche ?

A la base, le principe est simplissime : 1h de cours pour une classe = 1h de cours pour un enseignant. Donc si le collège possède 4 classes de 6e, sachant que les élèves doivent avoir 26h de cours hebdomadaire, on vous donne 4x26= 104h. Si le nombre de divisions est le même pour les autres niveaux (4 classes de 5e, 4e et 3e), cela nous fait 416h. Décliné sur l'ensemble de la structure du collège ou du lycée, cela donne donc ce qu'on appelle les heures poste, correspondantes aux services de enseignants. A cela s'ajoute un volet d'HSA (Heures supplémentaires annuelles) qui permettent à l'établissement de moduler les enseignements, c'est en ça que consiste la fameuse autonomie des établissements (vous allez voir, cette autonomie est somme toute bien restreinte !). Ce volume d'HSA est décidé par le rectorat (pour les lycées) et les DSDEN (anciennement Inspection académique, échelon départemental de l'institution, pour les collèges), en fonction d'un certain nombre de facteurs : l'Indice de Position Sociale (les Catégories socio-professionnelles des familles, affinées), la réalité géographique (ruralité ou non), la situation dans une zone d'éducation prioritaire ou non, et j'en passe.

A quoi sert l'autonomie ?

Cela permet de moduler les heures professeurs par rapport aux heures classes. Exemple 1 : sur les classes de 6e, vous estimez qu'il faut faire de l'accompagnement personnalisé (c'est obligatoire) mais pour que cela soit vraiment personnalisé, de faire travailler l'enseignant avec la moitié de la classe seulement en français une heure par semaine en la divisant en groupes 1 et 2. Résultat, la classe de 6eA qui avait 4h30 de français par semaine en a toujours autant, mais l'enseignant lui enseigne 3h30 avec toute la classe, plus 1h avec le groupe 1 et 1h avec le groupe 2, ce qui lui fait un total de 5h30. La dotation en heures poste réglementaire étant de 4h30, il faut donc prendre 1h sur la marge d'autonomie. Sur l'ensemble des classes de 6e, cela représente 4h. Exemple 2 : Pour les cours de SVT, vos salles n'ont des paillasses que pour 24 élèves et vous en avez 29 par classe. Vous décidez donc de faire un groupe supplémentaire en prenant quelques élèves dans chaque classe de 4e pour le constituer. Les 4e ayant 1h30 de SVT par semaine, vous avez donc dans votre dotation 4 x 1h30 = 6h pour la SVT en 4e. Si vous créez un 5e groupe pour diminuer le nombre d'élèves, vous "consommez" donc 5 x 1h30 = 7h30 d'heure enseignants donc 1h30 de prise sur la marge. Exemple 3 : en lycée professionnel, vous avez des classes de CAP qui représentent souvent un public fragile, vous décidez donc de dédoubler les cours de français/histoire-géo : les 2h hebdomadaires deviennt donc 4h pour chaque classe, vous avez compris le principe.

Ces choix pédagogiques, décidé par la direction de l'établissement en concertation avec les représentants des enseignants (via le conseil pédagogique) doivent donc entrer dans l'enveloppe globale attribuée au bahut.

Les premières difficultés

La première, évidemment, c'est la concertation du chef d'établissement avec les équipes. Elle peut être purement symbolique alors que le chef décide tout seul : qu'il ne s'étonne pas après de l'ambiance lugubre, voire hostile lorsqu'il rentre en salle des profs ! Si elle est réelle (et heureusement c'est le cas général), arrive une deuxième difficulté : la répartition de ces aménagements selon les disciplines et les négociations qu'il peut y avoir. L'heure en demi-classe de français que je mentionnais plus haut peut aussi être revendiquée par les enseignants de maths ou d'histoire-géo (à juste titre parfois) sachant qu'on ne peut pas satisfaire tout le monde. Il faut donc arriver à un consensus en validant des choix cohérents avec la situation de l'établissement et les objectifs visés.

La question des heures sup'

On l'a vu, s'il y a 4 classes de 6e avec 4h30 de français par semaine, ça fait juste 18h, soit le temps de service devant élèves (donc pas le temps de travail) d'un professeur certifié (la majorité dans le second degré). Donc dans la logique, le service est couvert avec un enseignant. Sauf que si, comme dans l'exemple 1 on a dédoublé une heure de français dans chaque classe, nous avons maintenant 5h50 de français par classe de 6e, soit 22h. Étendons le principe à l'ensemble des disciplines et des classes de l'établissement, le résultat par matière est rarement un multiple de 18. Si c'est inférieur, le poste d'un professeur risque d'être supprimé ou fractionné sur plusieurs bahuts. Dans le cas contraire, il faut donc trouver le moyen d'augmenter la couverture des heures pour assurer à chaque élève le volume auquel il a droit. C'est ainsi que le chef d'établissement peut imposer deux heures supplémentaires à un enseignant (la deuxième est une nouveauté de cette année), voire de lui demander d'aller jusqu'à 20 ou 21h au lieu de 18 : ce sont les heures sup'. Certains enseignants y sont farouchement opposés, d'autres au contraire le souhaitent ardemment. Je ne juge pas les motivations de chacun, mais le problème reste le même : il faut assurer les cours ! En cas d'impossiblité d'obtenir le dépassement horaire des profs (il y a une limite légale de toutes façons) il faut alors demander une BMP (Bloc de moyen provisoire) qui conduit à obtenir la présence dans l'établissement d'un professeur pour quelques heures : 4h30, 9h, 13h30, toujours une partition de 18h, évidemment ! Cela conduit par contre à des situations complexes pour ces derniers qui cumulent plusieurs niveaux (collège et lycée parfois), plusieurs équipes, fonctionnements, horaires... le tout parfois avec de très longs trajets !

Petit résumé pour grande problématique

La description que je viens de faire est une simplification, d'autres paramètres complexes viennent s'y ajouter mais elle donne un aperçu de la gestion de la DGH, qui est le coeur des machines de l'établissement (que les experts sur le domaine me pardonnent les raccourcis).

Alors, Nerf de la guerre ou Guerre des nerfs ? C'est la question de la cohésion entre les enseignants et la direction qui permet d'y répondre, et de faire avancer les bahuts vers l'avant ! Pour ma part j'ai la ferme conviction que nous progressons ensemble, profs et chefs, car nous partageons le même terrain professionnel. C'est pour moi essentiel.